Covid-19 « Le monde funambule »

🇫🇷 (English below)

J’ai eu envie, ce jeudi 19 mars, au troisième jour de confinement, d’écrire ce petit texte. Je le partage car je remarque beaucoup de similitudes entre la situation que nous vivons tous actuellement, et ce que j’ai appris en passant des heures dans le vide sur un fil. Cela me fait aussi du bien de partager ces choses, ma modeste expérience, comme un miroir devant cette épreuve sans précédent.

Traverser cette crise c’est quelque part faire de nous des funambules qui avançons en équilibre, au milieu du danger. 

Chacun doit le faire seul. Nous sommes capables de nous protéger face au danger, mais nous savons aussi qu’il est partout autour de nous, que nous sommes vulnérables. 

Subitement, nous comprenons que nous ne sommes pas immortels. Par notre manière de vivre nous avions oublié la mort en la cloisonnant dans les hôpitaux, les maisons de retraite puis les cimetières. Nous avons effacé nos anciens et parfois même, par le fait, oublié nos origines.  

Face à cette nouvelle situation, oui, nous sommes mortels, et le stress n’est pas une option. Si nous cédons à la panique, alors nous chuterons. Il faut rester debout, garder en tête l’objectif, même s’ilnous paraît loin devant, presque inatteignable. 

Cet objectif : c’est le bien collectif, la santé de tous. 

Autour de nous, la nature est belle, sa vie à elle va continuer, dans tous les cas. Nous savons que nous sommes devant une vaste étendue d’inconnu.e.s, ces incertitudes nous effraient mais nous avons aussi confiance en nos capacités à traverser cette épreuve. Cette traversée, nous devons la faire seul, même si nous avons besoin de l’aide continuelle de nos proches. 

Accepter le risque, le danger ambiant tout en gardant notre sang froid et en donnant le meilleur de nous-même pour arriver au bout. C’est pour moi,l’une des clefs. Pour que chacun sur notre fil, nous nous retrouvions un jour de l’autre côté, tous ensemble !

Photo Stéphane Godin

🇬🇧 On Thursday, March 19, the third day of confinement in France, I was inspired to write this little text. I would like to share it with you because I find many similarities between the situation we are all experiencing at the moment, and what I have learned through my many hours on a highline. Sharing my thoughts and my modest experience is to me like a echo or mirror image in the face of this unprecedented ordeal.

Somehow, going through this crisis is turning us all into tightrope walkers – moving forward, keeping our balance in the midst of danger.
This is something that each and everyone of us must do on our own. We are able to protect ourselves in the current context, yet we are aware the threat remains all around us, and that we are profoundly vulnerable.

Like when walking on the line, suddenly we come to realize that we are not immortal. In our societies and age, we had denied, forgotten death by compartmentalizing it in hospitals, retirement homes and then cemeteries. We have erased our elders from our lives and sometimes even, by doing so, we have forgotten where we came from.

Faced with this new situation, and our own mortality, stress is not an option. If we give in to panic, we will fall. We have to remain on our feet, keep the goal in mind, one step at a time, even if it seems far ahead, almost unreachable.

Our goal: the collective well-being, the health of all.


There is beauty all around us and nature and life will continue, in any case. We know that we are facing the unknown, these uncertainties frighten us but we also have confidence in our ability to get through this ordeal. We must make this journey alone, even if we need the continuous help and support of our loved ones.

Accepting the risk and surrounding danger while keeping our cool and giving the best of ourselves to reach to the end. This is one of the keys for me. So that each one of us, walking our own line, we will find ourselves on the other side one day, all together!

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